Chez “L’insolent” – un journal d’observation ethnographique

April 4, 2008 at 6:03 pm (En français, Fróðleikr, Ríta) (, , , , )

18 mars, 2008
13h30

Quand nous sommes arrivés, il y avait du monde chez « L’insolent ». Ça sentait le café et les herbes de Provence. La femme qui travaillait au comptoir essuyait une chope avec un torchon blanc.

Des fenêtres hautes ensoleillaient notre petite table de coin en fer forgé et nos chaises en  bois. J’ai remarqué qu’une seule fourchette propre restait sur sa serviette de table. La serveuse nous a donné les menus, et j’ai eu l’occasion à regarder le décor.

La salle était tout à fait parisienne, mais ici et là on pouvait voir les petits détails marrants comme un portrait éclatant de Ziggy Stardust sur un tableau de style « cow-boy » qui disait « Long Ranch Saloon » et une peinture murale qui vantait les qualités de la ligne no 13 du Métro.

J’aimais bien les lunettes en acier violet de la serveuse, parce qu’elles étaient montées sur une chaînette de la même couleur. J’ai aimé aussi quand la serveuse s’est courbée et a placé son bloc-notes sur la table pour bien noter nos commandes. Elle avait une écriture élégante, et elle écrivait avec un crayon-feutre qui faisait des lignes épaisses et noires.

Tous les serveurs étaient serviables et polis mais bien qu’ils semblent des gens vraiment sympathiques, leur gentillesse à notre égard était impersonnelle. Ils devaient remarquer que nous n’étaient pas francophones, parce que je suis sûre qu’en parlant je faisais quelques erreurs, et je traduisais pour mon compagnon au besoin. Cependant, je n’ai vu aucun signe de froideur. Alors, est-ce que c’était du professionnalisme ? Ou est-ce que les serveurs ont l’habitude de servir les étrangers ?

Je pense que je pourrai m’installer dans ce terrain. Quand ma mère est venue me voir en janvier, un serveur nous a parlé avec allégresse. Il semblait content que je reste dans le quartier et m’a encouragé à revenir.

29 mars, 2008
13h55-14h45

Aujourd’hui, nous avons mangé du confit de canard, et de la terrine de coquilles St. Jacques. Le repas était délicieux, comme toujours. Notre serveur avait peut-être 15 ans, et était zélé. Mon compagnon a observé que le serveur n’avait pas beaucoup d’expérience.

De temps en temps, la terre s’agitait. Nous croyions que c’était à cause du Métro.

Ceux d’entre nous qui étaient assis aux fenêtres captaient souvent le regard des passants. Quand quelqu’un me regardait, je le regardais aussi. Aux Etats-Unis, les passants me suriraient, mais en France, ils sont gênés.

Un groupe d’étrangers s’est assis pendant que nous mangions nos plats. Le serveur leur a proposé le menu espagnol, et j’ai pensé à mon article précédent. Alors, le restaurant avait fait des menus pour les touristes, et les serveurs avaient l’habitude à servir les étrangers. Deux femmes de leur groupe ont commencé à chanter bruyamment, mais personne ne jetait un coup de l’oeil sur la table, et je me demandais pourquoi. Peut-être que les Français pensent comme les Anglais qu’un coup de l’oeil sur une personne inconnue est impoli, ou peut-être que les petits spectacles de la rue ne les intéressent pas, comme les New-yorkais. À la fin de la chanson, certaines personnes applaudissaient.

J’ai oublié mon écharpe et je suis revenue la chercher. Le serveur qui nous a dit « Bonjour » d’une manière distante m’a taquiné, disant « À ce soir ! » J’ai rougi, et me suis trouvée bête, bien qu’il fût gentil.

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